Chez de nombreuses compétences tunisiennes expatriées, le lien avec le pays d’origine reste vivant, porté par la nostalgie, l’attachement culturel et les racines familiales. Aussi fort soit-il, ce lien affectif ne signifie pas que la Tunisie est perçue comme une terre d’opportunités professionnelles. Il ne suffit pas à stimuler l’investissement ou l’entrepreneuriat sur le territoire national.

 

Pour THAMM OFII, le véritable enjeu réside dans la capacité à transformer cette connexion symbolique en projets concrets. Il s’agit de bâtir un écosystème inclusif pouvant accueillir les compétences issues de la diaspora et leur offrir des possibilités réelles de contribuer au développement du pays.

 

Il ne s’agit plus seulement d’encourager un retour ponctuel, mais bien de poser les bases d’un ancrage professionnel pérenne en Tunisie.

L’attractivité, une condition nécessaire de la migration circulaire

THAMM OFII, projet de coopération technique financé par l’Union européenne, vise à promouvoir la migration circulaire professionnelle entre la Tunisie et l’Europe. Ce modèle de mobilité permet à toute personne engagée légalement dans un parcours migratoire d’envisager des périodes de sa vie à l’étranger et d’autres dans son pays d’origine, sans que ce choix soit irréversible.

 

Afin de renforcer cette dynamique, THAMM OFII a choisi d’aborder la question du retour sous l’angle de l’attractivité du territoire tunisien, de façon à « tirer profit du potentiel économique, social et technologique de la diaspora, levier majeur du développement local, en positionnant la Tunisie comme pays d’opportunités professionnelles au cœur des trajectoires de ses talents expatriés. »

 

Telle était la vision portée par Ingrid Normand, directrice de la Représentation de l’OFII en Tunisie, lors du Tunisia Global Forum (TGF), organisé le 22 juillet 2025 par l’alliance WATT.

Une stratégie régionale est clé pour améliorer la perception du retour des compétences

L’attractivité de la Tunisie pour ses talents expatriés ne peut être pensée uniquement à l’échelle nationale, elle doit s’ancrer dans les réalités régionales, où chaque gouvernorat possède ses propres dynamiques économiques, sociales et culturelles. Miser sur les territoires, c’est reconnaître que le développement du pays passe aussi par celui de ses régions.

 

C’est dans cette optique que le projet THAMM OFII a fait le choix d’une approche territoriale, comme l’a indiqué Hélène Hammouda, cheffe du projet THAMM OFII, au micro d’Express FM : « Les dispositifs publics pour accompagner le retour et l’investissement de la diaspora existent bel et bien. Cependant, leur efficacité et leur impact pourraient être optimisés en  impliquant davantage les acteurs locaux. »

 

Afin de valider cette approche, THAMM OFII a favorisé la constitution de groupements ont agi comme de véritables plateformes opérationnelles, ayant pour mission d’accompagner les projets portés par les membres de la diaspora. Grâce à un suivi de proximité et une bonne connaissance des dynamiques locales, ils ont facilité l’ancrage des talents de la diaspora dans les écosystèmes économiques régionaux, permettant l’éclosion de plusieurs initiatives.

 

Le 28 juillet 2025, lors du Diaspora Regional Networking (DRN) de Sfax, événement régional organisé par l’ATUGE, la cérémonie d’ouverture a été suivie par la signature d’un memorandum of understanding (MoU) pour formaliser la formation du consortium de Sfax qui rassemble les dix acteurs suivants :